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Citoyenneté et vie scolaire.

Réflexions préalables à la mise en place
d’un Conseil d’Elèves à l’école
Lakanal-Campan.


L’école se donne comme objectif de former un citoyen à part entière.


Introduction

Citoyenneté : Vient de cité = communauté politique qui comprend la collectivité des citoyens.
( avoir des choses en commun ; notion de collectif ).

L’école doit élaborer des projets de citoyens qui marquent les droits de chacun mais aussi les devoirs qui vont de paire. C’est par le devoir que l’élève va acquérir des droits.
Il faut aussi développer le civisme, le dévouement à la « cité ». Il faut combattre les incivilités ( insultes, bousculades…). Il faut apprendre à l’enfant, dans une situation donnée, à ne pas répondre de manière impulsive… C’est le rôle du « maître ».
Il ne faut pas perdre de vue le fonctionnement de la société actuelle, avec ses lois, ses règles et ses sanctions.

Une école ne peut pas avoir un fonctionnement démocratique. Ce n’est pas une mini société. D’un côté il y a des enfants, de l’autre des adultes qui doivent les éduquer. Le décideur, c’est le maître, les décisions ne sont pas le fruit de la volonté générale. ( Les élèves ne votent pas pour tel ou tel maître.)
Pourtant il doit y avoir des pratiques démocratiques ( votes…). On doit enseigner aux enfants les techniques de vote, mais aussi leur apprendre qu’on ne peut pas se déterminer pour une chose par pulsions, par goût… Il faut une progression structurée qui montre qu’il y a des choses à réaliser avant de se déterminer. Le choix ne doit pas être spontané. Les élèves doivent trouver les tenants et les aboutissants de chacun de leurs choix. Les différents éléments se coordonnent. Accepter une chose, c’est accepter les conséquences de ce choix.
Il faut un apprentissage de la solidarité dans le groupe, une forme de contrat ( d’engagement ), d’autonomie relative. C’est nécessaire à la vie citoyenne.
Enfin, il est nécessaire de prendre en considération l’âge des enfants, on ne peut pas tout faire tout de suite, il y a des impératifs psychogénétiques.


Quelques notions philosophiques :


Autonome : Qui se gouverne par ses propres lois. Capable d’obéir à la loi qu’on s’est prescrite.


« L’homme est un animal raisonnable. » ( Aristote )

« L’homme doit être capable de retenir, de maîtriser ses pulsions. Eduquer un enfant, c’est lui apprendre à se rendre maître de ses pulsions, de ses tendances, à ne pas répondre à des situations par impulsions » ( Aristote )

« Le devoir, c’est la nécessité d’accomplir une action pour le respect de la loi, et non pas pour ses inclinations. » ( Kant )

« Dans cette identité de la volonté universelle et de la volonté particulière, devoir et droit ne font qu’un : le sujet a des droits dans la mesure où il a des devoirs, et il a des devoirs dans la mesure où il a des droits ». ( Hegel, Principe de la Philosophie des Droits)

« L’individu construit son savoir du monde et acquiert une autonomie. Cette libération est tempérée par le devoir d’universaliser les conséquences de ses actes. Il est débiteur à l’égard de l’ensemble de l’humanité. Cela impose l’intériorisation de la loi morale ». (Kant )

« L’individu doit d’abord vérifier si la règle qu’il envisage de suivre est universalisable, il doit voir si elle ne se contredit pas à partir du moment où il imagine que tout le monde pourrait la suivre comme loi. » ( Kant, Métaphysique des Mœurs )

« Pour les hommes et pour tous les êtres raisonnables créés, la nécessité morale est contrainte, c’est à dire obligation, et toute action fondée là-dessus doit être représentée comme un devoir » ( Kant, Critique de la Raison Pratique ).

« Les hommes ne sont pas justes naturellement. Il faut les y contraindre. » ( Platon, La République )

« Tout homme croit que l’injustice est individuellement plus profitable que la justice ». ( Platon, La République )


Il faut conduire l’enfant à sortir de ses particularités pour accéder à l’universel. Pour cela, il est nécessaire d’avoir un intermédiaire, un médiateur. Ce médiateur, dans l’institution scolaire, c’est le maître. Il va imposer, par l’intermédiaire de la discipline, la Raison.

Le problème aujourd’hui est que les choix des élèves sont pulsionnels. Ils ne voient pas les tenants et les aboutissants de ces choix.
Certains enfants sont enfermés dans l’impulsivité parce qu’ils n’y a que ça comme mode de réponse chez eux. Les réponses à une même situation, à un même comportement ne sont pas toujours identiques. L’enfant ne peut pas savoir quelle conséquence va découler de tel comportement. C’est dans cet état qu’il arrive dans le système scolaire. Il faut mettre en place des activités qui changent son quotidien. Il faut l’ouvrir à autre chose. Il faut « poser les lances » avant de commencer. C’est très dur pour l’enfant.


On rencontre ici une difficulté, à savoir : comment faire entendre raison à quelqu’un qui ne veut pas faire l’effort de disposer de sa raison ? En réalité, avant toute discussion rationnelle, il y a quelque chose en amont. Si on peut expliquer la violence, celle-ci s’arrêtera. Si on ne peut pas l’expliquer, il faut placer en amont la loi. Après on peut commencer à discuter.


Support psychologique :


« Vers 11-12 ans s’élabore enfin la pensée formelle, dont les groupements caractérisent l’intelligence réflexive achevée. » ( Piaget, Psychologie de l’Intelligence )

« L’adolescent, par rapport à l’enfant, est un individu qui réfléchit en dehors du présent et élabore des théories. L’enfant, au contraire, n’élabore pas de théories. Cette pensée réfléchie prend naissance vers 11-12 ans, à partir du moment où le sujet devient capable de raisonner de manière hypothético-déductive. » ( Piaget, Psychologie de l’Intelligence )

« C’est seulement après 7-8 ans qu’un espace rationnel commence à se construire » ( Piaget, le Développement Mental de l’Enfant )

« Avant 11-12 ans, si on demande aux enfants de raisonner sur de simples hypothèses, sur un énoncé purement verbal des problèmes, il perdent aussitôt pied et retombent dans l’intuition prélogique des petits ». ( Piaget, Six études de Psychologie )


A partir de ces études, en fonction de l’âge des enfants, on peut déterminer un nombre de priorités. Il ne faut pas tout faire tout de suite. Il faut être patient. Il faut cibler les comportements. Il faut avancer par étapes. On ne fait pas de discours normalisateurs qui s’éternisent, ça n’a aucune vertu éducative chez les jeunes enfants. Il faut lui dire qu’il y a un « parce que » après un « non », mais il ne faut pas faire durer l’explication.
L’enfant n’est pas capable d’intellectualiser avant 9 - 10 ans. Il est donc nécessaire de passer par le conditionnement pour tout ce qui est de l’ordre du pulsionnel.

Reste que la discipline n’est pas une fin en soi. C’est un moyen nécessaire à l’humanisation. Il faut passer par la contrainte pour que l’enfant puisse d’abord être maîtrisé, puis se maîtriser. Ceci commence dès la maternelle. C’est l’Ecole : à l’envie va s’opposer le devoir.


On ne peut juger que ceux qui ne sont pas soumis à un déterminisme. Une pierre qu’on lâche tombe. Un animal a des pulsions…et ne peut pas réfléchir sur ses actes. Par contre l’être humain si.
Donc, même s’il existe des excuses pour un acte, il ne faut pas les reconnaître comme excuses absolues. Ce serait retirer à l’élève la responsabilité de ses actes, donc sa liberté. Il faut mettre en avant cette responsabilité, et peut-être donner des circonstances atténuantes. Mais surtout ne pas la supprimer ( Sinon l’élève ne serait considéré que comme une bête ou un objet ).


Notion de devoir :

C’est l’obligation morale. Il faut réfléchir à ce qui est possible et à ce qui est nécessaire.

Le possible :
C’est ce qui est réalisable et ce qui est contingent ( qui peut être ou ne pas être, se produire ou ne pas se produire ). Ce qui est réalisable, ça détermine ce qui est possible dans les faits. On doit le distinguer de ce qui est possible en droit. Les enfants confondent le possible en fait et le possible en droit. En fait on peut voler une voiture. Mais ce n’est pas possible en droit. L’un n’implique pas l’autre.
L’enseignant doit scinder les deux. On peut faire une chose mais on peut choisir de ne pas la faire parce qu’on n’a pas le droit du point de vue de la morale. On peut refuser le déterminisme, c’est ce qui forge l’humanité. On a la possibilité de refuser le possible en fait au nom de la morale. Quand une chose peut se faire et que son contraire est possible aussi, sans contradiction logique, c’est de l’ordre du contingent.

Le nécessaire :
C’est ce qui ne peut pas ne pas être. Ca s’exprime par la double négation. On ne peut pas ne pas aller à l’école : l’école est nécessaire.


Il faut aussi savoir que tous les devoirs stricts ( à contenu déterminé ) sont durs à vivre. Il faut donc aussi des devoirs larges ( avec un contenu indéterminé ). Ce sont des devoirs positifs. On peut trouver différentes manières d’être solidaire, d’être généreux… C’est là dessus qu’il faut travailler. On impose des devoirs stricts, et on réfléchit ensemble sur des devoirs larges.

Il faut faire comprendre que certains devoirs ne se discutent pas.








Conclusion :

Il nous paraît nécessaire de mettre en place un moment de vie permettant à l’enfant de s’impliquer totalement dans sa vie sociale.
Les enseignants, représentants de chaque classe, constitués en Conseils des Maîtres, ont donc décidé d'instaurer un Conseil d'Elèves au sein de l'école Lakanal-Campan.


TEXTE ETABLISSANT UN CONSEIL D’ELEVES AU SEIN
DE L’ECOLE LAKANAL-CAMPAN





Etablissement et Objectifs du Conseil d’Elèves:

Article 1- Inspiré par la volonté des enseignants de bâtir un système éducatif qui forme des enfants citoyens, le présent texte établit un Conseil d’Elèves auquel les différentes classes attribuent des compétences pour atteindre des objectifs communs.

Article 2- Le Conseil offre aux élèves la possibilité de vivre dans un espace de liberté, de sécurité et de justice.

Article 3- Sachant que la volonté de l'équipe n'est pas de créer une complète démocratie dans l'école, ce qui est contraire au fondement même de l’Institution, celle-ci se réserve un droit de veto sur les décisions prises par les élèves. En outre, certains votes du Conseil d'Elèves peuvent être différés pour que les enseignants puissent se laisser le temps de débattre du sujet .

Article 4- Les enfants sont mis au courant du fonctionnement de ces Conseils et de leurs restrictions. Ils connaissent le cadre dans lequel ils peuvent évoquer leur pouvoir de décision.

Article 5- Les enseignants rappellent aux élèves et à leurs parents les droits et les devoirs de chacun face à un règlement. Le règlement de la vie dans l'école est affiché à la vue de tous afin que les réclamations de chaque élève ou de chaque parent puissent être fondées sur des règles incontestables.

Article 6- Sont exclues de ce cadre toutes discussions sur le programme des différentes disciplines scolaires et toute notion d’ordre pédagogique.


DE L'ORGANISATION :

Article 7- La durée des Conseils est en moyenne de 45 minutes.

Article 8- Les conseils peuvent aboutir à des règles de vie différentes pour chaque cycle, sachant qu'il y a deux cours de récréation séparées et que les élèves y sont répartis par niveau.





En cycle III

Article 9- Sont mis en place deux conseils successifs. L'un concernant la discipline et le respect des règles de vie, l'autre concernant l’organisation du temps libre et de la vie collective au sein de l’école.

Article 10- Siègent aux conseils tous les élèves du cycle concerné ainsi que leurs enseignants pour la partie « temps libre », et uniquement les élèves cités dans le cahier de récréation et deux enseignants choisis à tour de rôle parmi ceux du cycle pour la partie « discipline ». A titre exceptionnel, l’ensemble des élèves du cycle peuvent assister à la partie « discipline ».

Article 11- La présence des assistants d’éducation peut être requise durant ces Conseils.

Article 12- Les réunions se font dans la salle polyvalente les vendredis matins de chaque semaine. Le calendrier des réunions est fixé à l'avance et ce pour l'année scolaire en cours.

Article 13- Dans chaque salle de classe les élèves disposent d'un tableau sur lequel ils écrivent leurs idées à proposer en conseil, ceci tout au long de la semaine. Le vendredi, des enfants font le tour des classes afin de récupérer l'ensemble des écrits pour faire l'ordre du jour du conseil du samedi.


DU FONCTIONNEMENT:

Article 14- Chaque conseil débute par l'énoncé d'informations émanant du directeur et concernant l'ensemble de l'école. Ces informations sont complétées par le courrier reçu à l'école et pouvant intéresser les élèves ( sortie, concours…). Chaque classe a ensuite un temps de parole, en fonction de l'ordre du jour, pour présenter un projet qui concerne le temps scolaire.

Article 15- Les projets des élèves sont présentés en Conseil par un ou plusieurs représentants de la classe choisi précédemment par les élèves de cette même classe ; puis suit une discussion et éventuellement un vote. (Chaque proposition aura été discutée en classe avant d'être présentée en Conseil.) Le texte est lu devant l'assemblée d'élèves qui peut alors en discuter. Les propositions portent sur le règlement de la vie de l'école au sens large.

Article 16- Les décisions de chaque cycle sont transmises par un représentant du conseil aux enseignants de l'autre cycle qui en informent à leur tour les élèves.


Des infractions au règlement

Article 17- Mise en place d'une carte de comportement. Celle-ci comporte 12 cases à percer. Chacune de ces cases correspond à une sanction grave. Peuvent être notés des avertissements en cas d'infractions moins importantes sachant que deux avertissement valent un trou, ou des remarques sachant que trois remarques valent un avertissement.

Article 18- Un tableau de l’ensemble des sanctions définies pour chaque infraction au règlement est instauré lors d’un conseil d’élèves exceptionnel en début d’année, ce par les enfants sous la tutelle des adultes. Au cours de l’année, des ajouts sont toujours possibles. Ce tableau aura valeur légale dans l’ensemble des classes du cycle concerné et pour chacun des élèves.

Article 19- Mise en place d'un cahier de récréation qui est rempli par les enseignants de service de surveillance de cour et transmis aux classes concernées. Dans ce cahier sont consignées les infractions au règlement, toutes les plaintes des enfants ainsi que toute autre remarque que l'enseignant juge pertinente. Les problèmes qui concernent directement une classe sont abordés au sein de la classe. Ceux qui débordent du sein de la classe sont évoqués lors du Conseil d'Elèves suivant. Les élèves cités dans le cahier devront justifier de leurs actes ou de leurs paroles devant le conseil.

Article 21- La décision d'imposer les sanctions est prise en conseil avec les maîtres du cycle. La carte est percée lors de ce conseil, en présence de l'élève, après qu'il ait fourni des explications sur ses actes ou ses paroles. Cette action ne se substitue pas à la sanction prise immédiatement après l'infraction au règlement.

Article 22- A chaque trou correspond une sanction définie pouvant aller jusqu’à l’exclusion de l’élève. ( cf : article 18 )

Article 23- Tous les trois trous dans la carte de comportement, les parents de l'élève concerné sont convoqués. L'explication avec les parents se fait en présence de l'élève, de l'enseignant de la classe, voir éventuellement du directeur.

Article 24- Des félicitations peuvent être faites après les séances de remise de sanctions pour valoriser les élèves dont le comportement aura évolué ou pour ceux qui se sont particulièrement distingués par le travail ou leur attitude en classe ou dans la cour.







L’équipe pédagogique















Annexe 1

Victime : définition et enjeux,

par Robert Cario
( professeur en " Droit des victimes et victimologie " à l'Université de Pau. )

A l'heure actuelle, la victime n'a obtenu la reconnaissance formelle de ses droits que très récemment. Cependant, la réalité de leur mise en œuvre, notamment au regard de l'accompagnement psychologique et social que leur victimisation rend indispensable, indique qu'un long chemin reste à parcourir


[…] Il apparaît aisé de comprendre que les différents enjeux de l'aide aux victimes sont susceptibles d'être relevés par la mise en œuvre d'une justice restaurative. La justice restaurative ne se crispe pas sur le passé de la faute, ne se cristallise pas sur la seule responsabilité pénale de l'auteur. En même temps qu'elle institue chacun dans son rôle, opération symboliquement essentielle, elle tente de reconstruire l'avenir en associant à la réponse pénale un accompagnement psychosocial des intéressés. En les plaçant au centre même du contentieux qui les oppose, elle ne leur vole ni leur conflit, ni leur histoire. Plus qu'un processus de règlement des conflits, c'est une dynamique régulatrice qui permet de les identifier et de les traiter dans leur globalité. En ce sens, la justice restaurative n'est pas vraiment une troisième voie : elle transcende plus positivement les modèles punitifs et réhabilitatifs traditionnels.
Par la justice restaurative, l'infracteur et la victime se réunissent, sous le contrôle bienveillant et protecteur des représentants de la société, pour " décider ensemble de la meilleure façon d'aborder et de régler les conséquences du délit ainsi que ses répercussions futures " (18) En associant mieux les fondements des systèmes classiques (punition et resocialisation), en enrichissant les potentialités qu'ils recèlent, une telle philosophie de la justice favorise la restauration sociale du condamné et de la victime, en toute dignité et équité (19)
La justice restaurative, en replaçant les personnes concernées au centre du conflit qui les oppose, les rend volontairement acteurs du règlement et de la symbolisation de l'événement traumatique. Elle responsabilise l'infracteur qui prend connaissance des répercussions réelles de l'acte commis. Elle implique les victimes dans leur prise en charge par le système de justice pénale. Une telle reconnaissance des protagonistes à l'infraction restaure leur estime de soi par la conscience et l'acceptation d'une réparation équitable des dommages résultant de l'infraction. L'un comme l'autre ne subissent plus la loi pénale mais se l'approprient, sortant ainsi de l'isolement dans lequel la justice répressive les confine. Il devient alors possible d'envisager un traitement de restauration sociale afin de ne plus exposer ou être exposé à de nouveaux conflits intersubjectifs, groupaux ou sociétaux.


18. T. MARSHALL, cité In J.J. LLEWELLYN, R. HOWSE, La justice réparatrice : cadre de réflexion,
19 . Sur la justice restaurative, V. not. J. BRAITHWAITE, Crime, shame and reintegration (1989), Cambridge Univ. Press, 1999, 226 p. ; H. ZEHR, Changing lenses. A new focus for crime and justice, Heald Press, 1990,






Annexe 2
Punition et justice

La mise en oeuvre de procédures proprement juridiques pour le traitement des infractions peut contribuer à une meilleure formation civique, et d'abord permettre d'enrayer d'éventuelles " escalades " dans les face-à-face, par l'introduction d'une tierce instance pour la punition des comportements déviants ou le règlement des litiges.
L'objectif est de favoriser l'intériorisation par les élèves du principe élémentaire du droit, c'est-à-dire l'obligation à différer le règlement du conflit ou du litige en ayant recours au tiers non impliqué.
B. Defrance, prof de Philosophie

Il s'agit donc uniquement de constater que la faute a été commise, et qu'il ne faut surtout pas que quiconque (ni celui qui l'a commise, ni ceux qui ont constaté qu'elle a été commise) ne puissent croire que la faute peut être commise n'importe quand, à volonté. Il faut donc provoquer immédiatement une association entre la faute et le châtiment.
Pour éviter que le spectacle ou le souvenir de la faute commise ne provoque une habitude, et n'engendre la multiplication des fautes, il faut marquer à chaque faute la punition : elle est l'avertissement (réprimande et rappel) qui renvoie chaque homme à sa disposition. Elle est l'action collective par laquelle les hommes se rappellent entre eux que la vertu et le vice sont deux chemins inégaux, et que l'un est meilleur que l'autre ; et ce rappel ne concerne pas uniquement les coupables, mais au sens strict toute la communauté qui a choisi de se doter d'un système de norme qui autorise cette rétribution.
Platon, Protagoras

Dans la logique de la punition ne se joue pas seulement l'articulation de l'utilité sociale, la possibilité morale en l'homme : avant de constituer une pédagogie de la communauté, punir est un acte qui la fonde en tant qu'il ne se résume jamais au geste même et au moment même de la punition, mais au contraire se dissémine dans les âmes et les corps en permanence. Le corps social est, en permanence, un corps puni, un corps sur lequel s'inscrit la sentence qui est aussi la loi.[…]
Punir, c'est alors inscrire la loi sur le corps de la société. Le punir doit toujours anticiper toute faute singulière pour viser l'ensemble de la société dans sa capacité à subir la contrainte d'une norme.
Platon, Protagoras

Les lois naturelles de la nature et de l’homme existent. Elles tiennent lieu de lois positives ; elles sont écrites au fond de son cœur par la conscience et par la raison ; c’est à celles là qu’il doit s’assouvir pour être libre
Rousseau, l’Emile livre IV

Si la justice disparaît, c’est chose sans valeur que le fait que des hommes vivent sur la terre.
Kant, Doctrine du Droit

Quiconque veut fonder un état et lui donner des lois doit supposer d’avance les hommes méchants et toujours prêt à déployer ce caractère de méchanceté.
Machiavel

Le système judiciaire est un des moyens, probablement le plus efficace, pour se protéger de la vengeance interminable. Le principe d’une justice contraignante libère les hommes du devoir de la vengeance
Michaud, Violence et Politique

Date de création : 19/12/2008 @ 14:51
Dernière modification : 18/08/2010 @ 20:05
Catégorie : Actions
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Réaction n°1 

par CUVELIER le 06/06/2010 @ 21:38

Un grand bravo pour cette initiative et pour les explications qui vont avec. vous devriez imaginer des moments de discussion philosophique avec vos élèves

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