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lundi 12 novembre
de 17h00 à 17h45
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Plan lecture - Plan lecture 2012-2013 de la classe de M. Fétat

Confirmation a été donnée durant l'animation pédagogique qui s'est déroulée ce mercredi 26 septembre 2012, c'est bien Hubert Ben Kemoun que rencontreront les élèves de CE2-CM1 à deux reprises dans le cadre du Plan lecture 2012-2013 de la ville de Lille.

La classe aura l'occasion de découvrir quelques archétypes de la littérature fantastique au travers de la lecture de quelques-uns des livres de la série que l'auteur consacre au personnage de Samuel.

Biographie donnée par le site trijaune.gif http://www.bedetheque.com

Hubert Ben Kemoun est né en 1958 en Algérie. Cet auteur français vit maintenant à Nantes avec sa femme et ses deux enfants. Il aime tous les genres littéraires, des romans aux pièces de théâtre. Il rédige des scénarios pour la TV, des dramatiques et des feuilletons pour Radio France. Il écrit aussi bien pour les grands que pour les petits, mélangeant l'humour au frisson. Le roman policier est le domaine qu'il préfère. Il conçoit ses livres comme des parcours d'apprentissage. Il aime jouer avec les mots et invente des grilles de mots croisés pour la presse.

On pourra consulter une bibliographie de son oeuvre de littérature de jeunesse sur le site trijaune.gif http://www.ricochet-jeunes.org

Pour retrouver ce qui avait été fait l'an dernier autour de Max Ducos cliquez trijaune.gif ici.


 

La classe de CE2-CM1 a d'ores et déjà découvert trois des ouvrages d'Hubert Kemoun dont la visite est programmée à deux reprises dans la cadre du Plan lecture.

Le retour d'Archibald
a permis d'aborder le thème de la pétrification et des statues vivantes. Ce livre a été mis en réseau et comparé au Tunnel d'Anthony Browne et au passage de Vert secret de Max Ducos où les deux héros croient que la statue de l'Apenin va se mettre en mouvement. La méduse et le Basilic ont également été évoqués ainsi que les expressions autour du mot pierre. La notion de passage du monde réel vers le monde fantastique a été également abordé autour du tunnel végétal de Vert secret qui conduit à la statue illustrant la légende du géant transformé en montagne (inspiré de la statue de 14 mètre visible dans les jardin de Pratolino)  et celui en pierre de l'album d'Anthony Browne.
Cette notion de passage a été développée autour de l'évocation du Voyage de Chihiro et de Narnia :






Ça zozote au zoo ne relève pas du genre fantastique mais mis en réseau avec le coupeur de mots de Hans-Joachim Schadlich et Le mangeur de mots de Dedieu a permis de revoir autour de la littérature de jeunesse la notion de confusions de sons et de phrase agrammaticale.



Le ventre de la chose est un texte qui permet de montrer qu'un texte fantastique peut jouer sur la circularité avec un retour à la situation initiale. Dans les jours à venir les élèves seront amenés à le comparer à Boréal-express de Chris Van Allsburg (adapté à l'écran dans le film Pôle express) et à L'ange disparu de Max Ducos. Pour l'instant, la classe a mis en réseau ce texte d'Hubert Ben Kemoun qui met en exergue la vie de personnages ayant maille à partir avec un monstre marin avec Pinocchio et Moby Dick.


 








En janvier 2013, la visite au Palais des beaux arts de l'exposition des fables du paysage flamand permettra à la classe d'admirer le tableau de trijaune.gif  Paul Bril Le naufrage de Jonas.

Elle pourra peut-être aussi aller voir le trijaune.gif léviathan sculpté comme l'avait fait la classe de M. Bouvier l'an dernier dans le cadre du projet Anber.



Les nains de jardin à l'honneur:

La classe a découvert avec délice cette semaine Profession nain de jardin d'Hubert Ben Kemoun qui viendra en 2013 dans la classe dans le cadre du trijaune.gif Plan lecture de la ville de Lille. Le récit des mésaventures de Boniface humilié par le chat Groucho, renversé par le ballon de Lulu, laissé la tête dans la boue par Maurice, kidnappé par des voleurs n'est portant pas au bout de ses peines lorsque la police le libère. En effet, Maurice et Lulu, l'abandonnent dans un container ! C'est là qu'intervient Théo Burniz, personnage rencontré aussi dans trijaune.gif Ton livre à écrire.

L'artiste récupère Boniface à la fin de Profession nain de jardin pour en faire un lampadaire. Dans Ton livre à écrire Hubert Ben Kemoun invite les enfants à rédiger la suite de l'article de journal du compte-rendu de la disparition de la sculpture "  Les nains portent quoi " du même artiste.

Pour le plaisir retrouvez un diaporama des nains de jardin qui avaient été réalisés dans le cadre d'un partenariat en 2010 entre Lille3000 et l'association Art point M  sur le site trijaune.gif http://www.zoomsurlille.fr dans le cadre de l'exposition Nainportekoi


Une vidéo qui avait été diffusée pat TNTweo en septembre 2010 sur cette exposition pour avoir un autre aperçu en même temps qu'un rappel de l'exposition Dancing Machine de l'été 2010.



La classe a pu consolider son travail sur les terminaisons du futur en rédigeant ce tract du Front de libération des nains de jardin.

Nous continuerons nos actions dans les jardins privés et les jardineries où sont réduits enn esckavage d'autres nains de jardin.

Sachez dès aujourd'hui que notre prochaine action aura lieu dans l'usine Secte. Nous nous rendrons bientôt dans cette horrible manufacture pour libérer les nains Secte.

Nous les accueillerons chez nous. Ensuite, nous irons dans une forêt pleine d'animaux sauvages, de fées et de lutins.Les nains Secte pourront construire leurs maisons dans les arbres à l'abri des humains. Ils mangeront des fraises des bois, ils joueront au loup, à chat perché sur des champignons. Ils se promèneront au milieu des feuilles, ils feront la courses avec les escargots.




Les élèves ouvrent des bouteilles en classe !:

bouteilles_correspondance.jpgRassurez-vous, il s'agit de bouteilles de messages.Suite à la lecture d'un album d'Hubert Ben Kemoun où un petit garçon qui se sent seul envoie une bouteille à la mer et reçoit une réponse, la classe a eu envie de faire de même.

Marie, AVSI, a accepté d'apporter nos bouteilles à une des classes de l'école Descartes où elle intervient également. Ce matin, elle nous a apporté les réponses.Les enfants sont ravis !

Jun Fujiwara, artiste japonais, a créé une bouteille contenant un dispositif d’enregistrement sonore ingénieux des bruits alentours qui "coulent" dans la bouteille qui diffuse un remix des sons dans une rythmique variable lorsque l'on retire le bouchon.

Oulipo à Lakanal :



La classe a eu également l'occasion de travailler les contraintes oulipo qu'affectionne Hubert Ben Kemoun dans certains de ses livres :

Toujours dans le cadre des contraintes d'écriture de l'Oulipo (ouvroir de littérature potentielle) la classe de M. Fétat s'est lancée dans la rédaction de textes respectant la contrainte du prisonnier inventée par Paul Fournel.

Un prisonnier veut envoyer un message mais ne dispose que d’un papier minuscule. Pour gagner de la place, il formule son message en évitant toutes les lettres à jambages.

Ne restent que  a, c, e, m, n, o, r, s, v, w, x, z

Paul Fournel
maman a un cerveau
mon raisin sonne crie au secours une souris
une reine énorme va secourir un roi noir
un camion a causé aux ananas
nous crions, maman murmure
voici mon anniversaire en or en noir
nous avons un anniversaire comme Messi mais un vaisseau noir orne un niais
sa maman crie avec ses oiseaux
une reine accuse maman mais murmure caca savon
un vaisseau conservé, ma caisse va à son service
un avion va venir sur moi, une reine aussi
nous irons croiser Mario
nous suivons une oie
une reine ramasse une rose en une énorme
une mère a couru comme une sirène naine
une reine murmure à son miroir oui mais nous sommes rousses ici avec ces roses
un camion murmure maman, maman
une rousse murmure à une maman : une maman a réussi à réunir ses rennes
mon mur énorme crie au revoir à son ami


Fin janvier la classe de M. Fétat aura la chance d'accueillir Hubert Ben Kemoun. Outre la série des Samuel, l'auteur a écrit plusieurs ouvrages jouant sur des contraintes d'écriture oulipienne.

La classe après la nouvelle fantastique sur la pieuvre s'est donc lancé dans la rédaction d'ABC. Il faut que les mots de la phrase soit dans l'ordre alphabétique. Voici quelques productions d'élèves :

Mes nuages ordinaires pètent quand restent ses tortues utilisées vaguement.
Alerte Bébé ! C'est dangereux, elle fait gaga !
Avant Barnabé croisa doucement et fièrement.
Mes nectarines opticiennes pagaient.
Autrefois bandits cafardeux défilaient encore facilement.
Ratatouille saute tellement uni.
Lenny mange nouilles orange.
Barnabé cuit doucement en fatiguant Ghania.
Quentin roule, Sophie tire une vache.
Ma nounou occupe papa.
Aujourd'hui bébé commence distraction en Filolog.
Avant Bernard caressa des échelles.
Un vaillant wagon xylophage y zappe.
Des écureuils féroces gomment horriblement kangourou laid.
Capétien dormit émigrant fièrement.
Ali Baba croûle dans énorme forêt.
Avant Bernadette conservait des enveloppes fraîches garanties.
Terrorise une vache western !
Lionel Messi numérote organisé par qui ?
Baby casse des écailles fatiguées.
Aujourd'hui Benzéma conduit Donovan en forme.
Serpent tue usine vélo, wagon, xylophone.

Certains élèves aujourd'hui en CM2 chez M. Geffraut et M. Cardot / Mme Leman en avait écrit en 2009 avec M. Fétat. Pour les relire cliquez trijaune.gif ici.

La classe a également travaillé les notions de sujets et l'accord avec le verbe, de compléments d'objet et de compléments circostranciels autour de la production de cadavres exquis composés selon la procédure suivante :
1- Je rédige un groupe nominal comportant un déterminant, un nom et un adjectif (ou un complément du nom). 2- Je conjugue un verbe au temps de mon choix à la 3e personne du singulier et à la 3e personne du pluriel. 3- Je rédige un complément circonstanciel du type que je veux (temps, lieu ou manière). 4- Les GN sont regroupés dans une boîte, les verbes dans une deuxième et les le CC dans une dernière. 5- On tire au hasard un GN pour le sujet, un verbe et on l'accorde au sujet, un GN pour le CO, un CC. Le tout donne un cadavre exquis.

Une pieuvre dans la ville :

couv_minilivre_pieuvre.bmpLes élèves de CE2-CM1 ont rédigé une nouvelle fantastique autour de la pieuvre qu'ils avaient pu voir à l'Hospice Comtesse. Ce fut l'occasion de réinvestir d'une part ce qui avait été observé dans les réseaux de lecture et d'autre part les apprentissages en grammaire, conjugaison et orthographe. Cliquez sur l'image pour télécharger le minilivre.

Pour télécharger le minilivre Un lac à Lakanal qui avait été écrit en 2011-2012 cliquez trijaune.gif ici.







En décembre 2012, Madame Jené, bibliothécaire anime une séance sur le thème des métamorphose :

Dans le cadre du Plan Lecture, la classe de CE2-CM1F a eu le plaisir de découvrir plusieurs albums sur le thème de la métamorphose grâce à Mme Jené, bibliothécaire de la médiathèque de Fives.

Entre autres Dessine ! de Bill Thomson. Ecole des loisirs
Tout change tout le temps. Joël Guenoun. Circonflexe.
Les albums de l'artiste japonais Katsumi Komagata




Comme les enfants de l'album Dessine les élèves ont pu décorer les sols de la cour de récréation avec des dessins à la craie mais leurs aliens n'ont pas pris vie ! wink



Si vous aimez le street art vous pouvez consulter le site www.streetartutopia.com

Première rencontre avec Hubert Ben Kemoun le lundi 21 janvier 2013 :

Ce lundi 21 janvier 2013, les élèves de CE2-CM1F ont eu la chance de rencontrer Hubert Ben Kemoun dans le cadre du Plan lecture de la ville de Lille. Depuis le début de l'année, ils ont lu et étudié plusieurs tomes de la série Samuel.





Si les élèves se sont dans un premier temps montrés très réservés car mine de rien ce n'est pas si facile pour des enfants de cet âge de poser des questions à un écrivain, l'humour et la bonhommie de l'auteur leur ont permis de dépasser cette timidité. Après avoir fait connaissance, il leur a parlé de ses brouillons, des retouches que nécessite l'écriture d'un livre et leur a montré un des ses manuscrits et un de ses tapuscrits. De quoi rassurer les élèves qui ont parfois du mal à rédiger !

La classe en amont de cette visite avait d'ores et déjà travaillé sur les contraintes de l'Ouvroir de littérature potentielle (OULIPO) et a donc pu apprécier la virtuosité des tautogrammes produits spontanément par l'auteur de ça zozote au zoo. Ensuite, Hubert Ben Kemoun les a initié à l'exercice complexe du Pangramme pour rédiger avec eux une phrase comportant toutes les lettres de l'alphabet telle que celle qui servait d'entraînement aux secrétaires.

Après la récréation, le créateur de la série des histoires fantastiques de Samuel, leur a fait un très beau cadeau. En effet, il leur a lu le premier chapitre d'une nouvelle aventure et les a invité à l'aider à en rédiger la suite. Après un vote, car les idées ont fusé, les enfants ont choisi de retenir l'idée d'Axel, inspiré par Probouditi lu en décembre à la classe par madame Jené, qu'après avoir plongé le regard dans le miroir récupéré dans le magasin Au temps jadis, Lionel serait hypnotisé et qu'il faudrait à Samuel le protéger des incidents que cela ne manquerait pas de susciter. Dès le lendemain, un travail de vocabulaire sur le champ lexical de la ville a été mise en œuvre à l'aide du TBI pour faciliter ce nouveau chantier d'écriture.

En mars, Hubert Ben Kemoun revient dans la classe pour finaliser ce projet enthousiasmant !

Voici le texte final :
Lionel m’énerve !
Et c’est loin ton machin ?
Mon machin, je te l’ai dit, c’est un antiquaire restaurateur ! Sa boutique est au bout de l’avenue, après ce sera une fois à gauche et une fois à droite. Rue de la Grange au loup !
Et elle ne pouvait pas y aller d’un coup de voiture, ta mère ? Lionel, rendre service, en gros tu vois ce que ça veut dire, rendre service ? Ou alors, t’as jamais entendu cette expression ? Oh ça va, j’ai compris ! N’empêche qu’il habite à perpette les galettes ton bonhomme.
Lionel, tu sais, t’es mon meilleur ami, mais parfois, j’ai l’impression que tu aimes davantage râler, rouspéter et te plaindre que d’être avec...
Je n’aime pas marcher ! C’est tout ce que je déteste le plus avec les endives et le fromage ! Ça n’a rien à voir avec passer mon après-midi avec toi !
Eh bien, ce mercredi, j’ai un service à rendre à ma mère, ça n’arrive pas si souvent !

C’est vrai que la boutique vers laquelle je traînais mon copain était à l’autre bout de la ville et que nous aurions mieux fait de prendre nos vélos pour nous y rendre. Mais c’est vrai aussi que Lionel commençait toujours à fatiguer au bout d’à peine deux cent mètres à pied.
On prendra un tram pour revenir ! Ai-je dit pour qu’il arrête de gémir à côté de moi.
Y’a intérêt, et j’espère qu’il ne pèse pas deux tonnes le truc de ta mère !
C’est pas un truc, un machin ou un bidule, c’est un petit miroir auquel elle tient beaucoup et qu’elle a fait réparer chez cet étameur.
Et ta mère ? Qu’est-ce qu’elle vient faire là-dedans ma mère ? Étameur ! C’est celui qui travaille l’étain et qui en met une fine couche derrière un miroir pour qu’on se voie dedans. Ouais, et chez vous, ta mère, elle n’avait pas d’autre glace pour se regarder, qu’il faut que ce soit aujourd’hui que tu... lui rendes ce service !
Tu m’énerves !

Lionel, c’est mon ami depuis toujours et peut-être même avant. Avec lui, j’ai partagé des histoires aussi palpitantes qu’incroyables que pourraient nous envier bon nombre d’aventuriers. Lionel, c’est mon frère, celui que ni lui ni moi n’avons eu... Mais là franchement, j’avais envie qu’il se taise ou qu’il s’en aille.

Nous n’avons plus échangé grand chose jusqu’à notre entrée dans la boutique dont la devanture en bois annonçait en grosses lettres rondes et délavées :

« Au temps jadis »
C’est vieux et c’est nul comme nom ! A fait Lionel.
Tais-toi, c’est un antiquaire, pas un vendeur de téléphones portables ! On n’en a que pour cinq minutes.
J’espère, parce qu’en plus, ça pue la poussière, ton machin !
Pour écourter le calvaire de Lionel et le mien à l’entendre se plaindre, je me suis directement adressé au jeune homme qui astiquait de grands chandeliers en cuivre. J’ai expliqué que ma mère avait téléphoné, que je venais chercher un miroir déposé pour réparation quinze jours auparavant, que tout était déjà payé, qu’il était petit, ovale et...
Pas au courant ! J’suis qu’stagiaire ! J’vais voir ! s’est-il contenté de marmonner sans retirer le chewing-gum qui lui dévissait la mâchoire. Il a disparu dans l’arrière-boutique en traînant les pieds.
Ne me dis pas qu’on a fait tout ce bazar de chemin pour rien !?
Le jeune homme n’est pas resté absent plus de cinq ou six minutes, mais cela a paru une éternité à mon copain.
C’est ça ? m’a-t-il demandé, la bouche toujours aussi encombrée par son bonbon.
À présent sans craquelures et sans tâches d’usure, avec son cadre incrusté de nacre, son verre ovale et biseauté, cela ne pouvait être que celui-là. Un joli petit miroir quoi !
Qui aurait pu l’imaginer capable de provoquer une telle catastrophe ?

Lionel montre les dents
Machinalement, en sortant du magasin, je m’étais arrêté au passage piéton mais Lionel ne s’arrêta pas. Comme s’il n’avait pas vu la voiture de police qui venait par la gauche. J’attrapai son t-shirt juste à temps pour le sauver. « Tu es malade !?  Ça ne va pas Lionel ? Tu n’as rien ? Sérieux qu’est-ce qui t’a pris ? » criai-je.
Il ne me répondit pas. Son regard était fixe. Je pensai que mon ami était choqué parce qu’il avait failli être écrasé. Je pris par le bras mon pote. « Réveille-toi Lionel ! Punaise qu’est-ce qui t’arrive ? » m’inquiétai-je.
Tant bien que mal, je guidai mon ami le long du trottoir pour qu’il évite de marcher dans des crottes de chien, de se prendre des poteaux, de se cogner dans tout et n’importe quoi.

Nous avions fait dix mètres quand tout à coup, nous avons rencontré une vieille dame avec son chien. Ses cheveux bouclés étaient gris et blancs. Elle portait des bigoudis énormes et fluorescents d’un goût douteux. Aux pieds, elle avait des pantoufles roses à fourrure. On aurait dit les pattes de la panthère du dessin animé. Sur son nez trônait une verrue vraiment repoussante et des lunettes aussi épaisses que des hublots. La dame était tellement lente qu’au bout de la laisse, son Jack Russel la tirait de toute ses forces en aboyant méchamment. Le roquet manqua de faire tomber la mamie d’autant plus qu’elle avait du mal à marcher avec ses béquilles.

Aussitôt, Lionel se mit à quatre pattes et aboya en grognant. Le Jack Russel montra les crocs et tira de plus belle. Du coup, Lionel montra lui aussi ses canines et jappa encore plus fort. Mon ami, mon meilleur ami, presque mon frère était devenu fou. J’étais si malheureux. Je me suis mis à trembler. Est-ce qu’elles étaient finies toutes nos parties de Play Station, de foot sur les rives de la Saponne, nos après-midis de pêche et nos virées en vélo ?

« Il est malade ton copain ? Ou alors, il se moque de Kiki et de moi ? a protesté la vieille dame.
Excusez-le Madame, il n’est pas dans son état normal.
Viens Kiki, viens mon amour, on s’en va ! »

J’essayai tant bien que mal de calmer Lionel après le départ du chien et de sa maîtresse. J’eus bien du mal. Il reniflait partout, même les crottes de chien ! La honte !


Les collégiens brisent la glace
En arrivant près de l’arrêt du tramway, j’aperçus des collégiens assez âgés pour être en quatrième ou en troisième. Ils étaient en train de faire des graffitis sur les panneaux publicitaires de la station. Pire encore, l’un d’entre eux était en train de lancer des cailloux dans les vitres du tramway qui venait de démarrer.
« Vite, on se casse avant que les flics n’arrivent ! » s’exclama le chef de la bande. En détalant comme des lapins les mauvais garçons nous bousculèrent Lionel et moi. Incapable de réagir, Lionel tomba à la renverse et se cogna la tête sur le macadam. Je me rattrapai à un réverbère et hurlai : « Espèces d’imbéciles ! » « Stop ! » cria le chef des délinquants. « Qu’est-ce que t’as dit le minus ? Répète un peu pour voir ! » s’énerva la brute épaisse.
Lionel se releva en se frottant la tête où une bosse grosse comme un œuf de pigeon était apparue. « Aïe, aïe, aïe, vas-y ça fait mal ! ». Le collégien se rapprocha à toute vitesse de moi pour me casser la figure. Par pur réflexe Lionel tendit la jambe pour faire un croche-pied au chef de la bande. Il faut savoir qu’à l’école primaire, la réputation de bagarreur de Lionel n’était plus à faire. L’adolescent violent tomba de tout son long. Les collégiens voulaient taper Lionel parce qu’il avait fait tomber leur chef. Mais Lionel poussa les jeunes sans avoir peur. Une vraie Tortue Ninja !

Dans la cour de récréation, tout le monde se méfie de lui, car il a beau être petit, tout petit même, c’est une vraie furie. En voyant ce casse-cou de Lionel tenir tête à la bande, je jetai tous les cailloux qui pouvaient traîner là sur ces débiles. « Allez, on se casse ! Des terreurs ces Minimoys ! » cria le chef.

« Comment as-tu pu te réveiller aussi vite ? Il y a cinq minutes, tu ressemblais à un zombie !
Ah bon !? Tout ce dont je me souviens, c’est que nous sommes allés au magasin du Temps jadis pour aller chercher le miroir de ta mère. Punaise, qu’est-ce que c’était long de marcher jusque là-bas ! Je me rappelle d’avoir regardé le miroir et ensuite, il y a eu la bagarre avec la bande d’adolescents. D’ailleurs, pourquoi ce garçon voulait te frapper ?
Ils voulaient se sauver parce qu’il avaient lancé des cailloux sur le tramway et fait des tags sur les panneaux publicitaires. En courant, ils t’ont fait tomber et je leur ai dit « Espèces d’imbéciles ! »
T’as vraiment dit ça !? Sérieux !? Merci de m’avoir défendu ! Heureusement que tu t’es réveillé parce que sinon ils m’auraient mis une trempe ! Peut-être que quand tu t’es regardé dans le miroir, tu as été hypnotisé. Purée, il nous arrive toujours de ces trucs ! »
Soudain, quelque chose tomba de la poche de Lionel : c’était le miroir. Hélas, il était cassé à cause de la bagarre.
Opération Chat Potté
« - Ma mère va me tuer ! Elle y tient comme à la prunelle de ses yeux !
-Hein ? Qu’est-ce que tu racontes ?
-Elle y tient comme toi tu tiens à ta Play Station.
Ah ouais, je comprends mieux. Des fois tu parles comme les profs.
-Ça on s’en fout ! La galère c’est la tête que fera ma mère en voyant son miroir cassé.
-On n’a qu’à faire le Chat Potté au magasin pour qu’ils refassent la réparation.
-Bonne idée. Je fais ça super bien ! »
Pour rattraper le temps perdu, nous courûmes vers le magasin de l’étameur. Arrivés dans la boutique, je dis à l’artisan surpris de nous voir revenir :
« - S’il vous plaît Monsieur, lorsque nous sommes partis tout à l’heure une bande de collégiens nous a agressé. Regardez mon copain, il a une grosse bosse ! On était plus petits qu’eux et ils nous ont frappé. » mentis-je un peu car cela ne s’était pas tout à fait passé comme ça. Lionel et moi, nous nous sommes mis à pleurnicher. Des vrais comédiens !
« Oh, mes pauvres garçons ! Fais voir ta bosse mon grand !dit-il à Lionel. -En plus, quand je suis tombé, le miroir s’est cassé se plaignit Lionel pendant que l’étameur le soignait. Monsieur, s’il vous plaît, est-ce que vous pouvez réparer le miroir encore une fois sinon ma mère va me punir. On n’a pas d’argent. -Ne pleure pas mon petit ! Bien sûr que je vais te le réparer. Oh merci, vous êtes très gentil !
-Je vais m’en occuper maintenant pour que tu puisses le ramener chez toi.
Yes ! Super ! Vous me sauvez la vie !
Revenez dans une heure ! Ce sera prêt. »

Noyer le poisson
Notre plan avait marché comme sur des roulettes. Pendant une heure, Lionel et moi, nous avons passé le temps à lancer des cailloux dans la Saponne. Je suis champion de ricochets. Ce jour-là, j’ai battu mon record. J’ai fait six rebonds avec un caillou fin et plat. Ensuite, nous sommes retournés au magasin de l’étameur pour récupérer le miroir et sans traîner nous avons pris le tramway pour rentrer chez moi.
Ma mère n’a jamais su que nous avions cassé son précieux souvenir familial. Je n’ai jamais compris comment Lionel s’était retrouvé hypnotisé. Tout ce que je sais, c’est qu’après la deuxième réparation plus rien de bizarre n’est arrivé avec ce satané miroir. Je l’ai observé sous toutes les coutures, j’ai cherché des inscriptions magiques, j’ai interrogé ma mère pour savoir s’il y avait déjà eu des problèmes. Même mon oncle Julius n’a pas pu me renseigner.
Je commence à me demander si Lionel ne m’a pas roulé dans la farine. Mais, j’y pense maintenant ! Ce mercredi là, nous étions le 1er avril ! Fin

Date de création : 13/10/2012 @ 12:19
Dernière modification : 13/05/2013 @ 12:31
Catégorie : Plan lecture
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